Les maquis d'Auvergne

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Les maquis d'Auvergne

Message  Pvt Bender Rodriguez le Dim 10 Mar - 11:40

Pendant la seconde guerre mondiale, l’Auvergne fut l’un des bastions privilégiés de la lutte contre l’occupant nazi, justifiant le surnom de « citadelle de la liberté », acquis à l’époque où un jeune et valeureux chef arverne, Vercingétorix se dressait contre l’envahisseur romain.

L’invasion de la zone libre en 1942, réponse au débarquement allié en Afrique du Nord, la création de la Milice - auxiliaire zélé de la Gestapo allemande par Joseph Darnand, en janvier 1943 mais aussi l’instauration du service du travail obligatoire - le fameux STO - vont être des facteurs déterminants dans l’entrée en résistance d’une partie de la population française. Les jeunes qui n’avaient pas 15 ans lors de la défaite de 1940 entendent bien laver cet affront maintenant qu’ils sont en âge de prendre les armes. Si pendant la 1ère moitié de la guerre les actes de résistance sont restés presque exclusivement le fait de gestes individuels inorganisés (tracts personnels, sabotages passifs, parfois même désertion et fuite à l’étranger, notamment à Londres), l’hiver 1942/1943 est un tournant. Et dans cette lutte pour la liberté, le bastion Auvergnat n’est pas en reste.

Le premier maquis d’Auvergne voit le jour au pied du Puy de Dôme, près de la Fontaine du Berger. En octobre 1942, un groupe de 15 résistants se forme à Montaigut en Combraille, et le 27 décembre, plusieurs jeunes hommes se retrouvent aux Bougets, près d’Ayat sur Sioule. Ils y installent un terrain de parachutage, dit « terrain Desaix ». Chaque soir, ils écoutent Radio Londres, impatients d’apprendre que « les petits pois sont cuits », message censé leur indiquer la première livraison d’armes par la voie des airs. Entre deux « pom, pom, pom, pom », le message tant attendu arrive le 10 avril 1943. Le lendemain, au beau milieu de la nuit, le premier parachutage est effectué, suivi d’un deuxième, quelques jours plus tard. Le 19 avril, c’est au tour du « terrain Napoléon » au nord de Gouttières, de recevoir des visites nocturnes et aériennes.

L’année 1943 est celle de la répression, notamment avec une loi anti-Juifs et la chasse aux réfractaires au STO. De nombreux jeunes, refusant de partir travailler en Allemagne rejoignent alors la clandestinité. En Combrailles, la Résistance s’organise. Le 15 mars est créé le maquis Gabriel Péri, du nom d’un député communiste fusillé par les nazis. Dans les semaines qui suivent, ce maquis change d’emplacement à plusieurs reprises, utilisant les bois ou des maisons isolées dans le secteur d’Espinasse et de Charensat. Renforcé début octobre par l’arrivée de résistants évadés de la prison du Puy en Velay, le groupe Gabriel Péri mène plusieurs actions, notamment l’attaque de l’Hôtel du Midi de Clermont Ferrand début décembre. Le 23 décembre de cette même année, le maquis est attaqué par les GMR (Groupe Mobile de Réserve, sorte de CRS dévoués au gouvernement de Vichy),qui incendient le moulin de Vergheas ( Charensat) et la maison de la Côte( Bussiéres-sous-Pionsat). Prévenu , le maquis avait décroché le jour précédent.

En avril 1943, un maquis a vu le jour au hameau de Chazelette, sur la commune de St Gervais d’Auvergne, au sud du bourg de Sainte Christine. Au milieu de l’été, ce maquis sera fort de vingt deux hommes , mais une opération imminente des miliciens et des GMR les oblige à décrocher. Un nouvel emplacement est choisi dés le 26 août 1943 . Ce sera la région des Grands Bois de Pionsat - située au nord de Saint Julien la Geneste. Début septembre, le maquis Nestor Perret ne compte que 7 hommes. Ils attendent impatiemment leur équipement d’autant qu’au cours de l’été la cabane contenant les premières armes a brûlé. Lorsque Nestor Perret, chef de la Résistance de Clermont Ferrand est arrêté le 26 octobre, puis assassiné par la Gestapo, les maquisards des Grands Bois donnent son nom à leur maquis. En novembre, les maquisards de Saint Gervais d’Auvergne reçoivent du matériel. Ceux des grands Bois seront équipés à leur tour dans les jours qui suivent.

Les opérations sérieuses peuvent commencer. Premiers sabotages, premiers accrochages , premiers morts aussi. Dans la région des Combrailles , les poches de résistance se multiplient. Le 3 décembre , le maquis de la Côte de l’Ane à Ayat sur Sioule est créé. Pendant l’hiver 1943-1944, les parachutages continuent, notamment à Ayat sur Sioule (six au total) et à Gouttières (trois). En avril - mai 1944, le corps franc Laurent (1er corps franc d’Auvergne) s’installe à Champeyreux, près d’Ayat sur Sioule. Il a pour mission d’organiser l’approvisionnement du Mont-Mouchet. Le 8 mai, le colonel Gaspard, sur les ordres du Général de Gaulle, rédige, à Champeyreux, l’ordre demandant à tous les maquis d’Auvergne de rejoindre le Mont-Mouchet afin d’immobiliser les troupes allemandes et de favoriser ainsi le débarquement allié.

Après l’affrontement du Mont - Mouchet du 12 juin 1944 la répression allemande va faire payer un lourd tribut aux maquisards auvergnats. Exécutions sommaires, tortures, déportations, sont le lot quotidien de ceux qui sont capturés lors d’accrochages de plus en plus fréquents mais la brutalité de l’occupant nazi n’empêche pas les maquis des Combrailles de se reconstituer. Sabotages, attaques, harcèlements continuent de plus belle. Le 2 juillet 1944, le maquis Nestor Perret (vide depuis le 17 mai) est investi par les troupes allemandes. Ayat sur Sioule est encerclé et les maisons sont fouillées une à une. Le Capitaine Lépine, chef du groupe de parachutage est arrêté, enfermé et torturé à la prison de la « Mal Coiffée » à Moulins. Le 13 août 1944, un détachement de soixante douze résistants FTP part de Chambonnet, près de Sauret Besserve et se rend à la prison de Riom. Les maquisards (aidés de nouveaux éléments) libèrent 114 patriotes (dont 16 femmes et 30 condamnés à mort). Harcelée quotidiennement par des combattants de plus en plus aguerris, devant faire face à l’avancée des troupes alliées, l’armée du 3ème Reich se replie au milieu de l’été. Pour l’Auvergne, la libération approche. Elle sera effective à la mi-septembre de cette année 1944.
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