Artillerie de la 2ème DB

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Artillerie de la 2ème DB

Message  Pvt Bender Rodriguez le Mar 12 Nov - 21:47

L’artillerie organique de la 2ème DB comprend 3 groupes de 105 automoteurs (105 HM7), dont deux formés d’unité d’Oranie et du Maroc :

le 1er Groupe du 3ème Régiment d’artillerie Coloniale (1/3ème R.A.C.)

Le 1er Groupe du 3e Régiment d'artillerie coloniale (1/3 RAC) est l'héritier direct des éléments d'artillerie qui ont accompagné l'épopée africaine du général Leclerc avant la création, à l'été 1943, de la 2ème Division blindée.

A la suite du ralliement à la France libre fin août 1940 de territoires de l'Afrique équatoriale française (Tchad, Congo et Oubangui-Chari) et du Cameroun puis du Gabon en novembre 1940, le colonel Leclerc est nommé commandant militaire du Tchad et du Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST). Il va rapidement diriger son action vers le nord, c'est-à-dire vers le désert libyen.

Lors de la prise de l'oasis italienne de Koufra dans le désert de Libye, le 1er mars 1941, un seul canon de 75 mm, commandé par le lieutenant Ceccaldi et servi par Albert Grand, a pu accompagner la Colonne dont il forme, à lui seul, l'artillerie. Mais son emploi intelligent, par des coups répétés et efficaces, en changeant de position régulièrement, fera croire aux assiégés que les troupes françaises libres disposent de plusieurs pièces. Par ce stratagème, « l'artillerie » de la Colonne Leclerc participa largement à la victoire de Koufra.

Parallèlement et jusqu'à la fin de l'année 1942, au Tchad, plusieurs sections d'artillerie se préparent à rejoindre les troupes de Leclerc. Equipées essentiellement de canons de 75 mm, ces sections sont sous le contrôle tactique et administratif du RTST. Avec lui, elles seront progressivement rattachées à la Colonne Leclerc et manœuvreront séparément, en appui des compagnies de Découverte et de Combat, mises en place par Leclerc, qui multiplient les raids dans le désert de Libye et dans le Fezzan.


Batterie du 1/3 RAC au défilé de la Victoire
sur les Champs-Elysées, Paris, 18 juin 1945

Lors de la campagne du Fezzan et de Tripolitaine, de décembre 1942 à février 1943, six sections d'artillerie sont engagées. Le chef d'escadron Crépin en assure le commandement à partir de la campagne de Tunisie. Il se distingue, notamment lors de l'attaque d'El Araneb, par sa haute valeur technique et son efficacité, mettant hors de combat quatre pièces ennemies de 77 mm.

A la fin de la campagne du Fezzan, la Force L (ex Colonne Leclerc) reçoit en renfort deux batteries de 75 mm formées au Tchad, qui participent, avec l'ensemble de la Force L, à la campagne de Tunisie de février à mai 1943.


Le 1er Groupe du 3ème Régiment d'artillerie coloniale

En juin 1943, considérant important de renouer des liens de traditions avec les anciennes unités de l'Armée française, le général Leclerc choisit, pour l'artillerie de sa Division, le nom du 3ème Régiment d'artillerie coloniale (3ème RAC), héritier du 3ème Régiment d'artillerie de marine (3ème RAMa) créé sous le Consulat en 1803 et qui s'illustra par la suite dans les campagnes coloniales du XIXe siècle, puis lors de la Première Guerre mondiale. Le 3ème RAC, placé sous les ordres du lieutenant-colonel Crépin, est alors formé de trois groupes comprenant deux batteries chacun.

En septembre 1943, le Régiment fait route vers Temara au Maroc où va se constituer, puis s'équiper et s'entraîner pendant de longs mois, la 2ème Division blindée. Le 10 novembre 1943, le 3ème RAC, se condense en un groupe qui prend le nom de 1er Groupe du 3ème RAC (1/3 RAC). Le Groupe, placé sous les ordres du chef d'escadron Fieschi en remplacement du lieutenant-colonel Crépin, nommé commandant de l'artillerie divisionnaire de la 2ème DB, comprend alors un Etat-major et trois batteries de six pièces automoteur commandées respectivement par les capitaines Dubois, Demarle et Magnat et une colonne de ravitaillement sous les ordres du capitaine Waynbaum.

Au sein de la 2ème DB, le 1/3 RAC forme l'artillerie du Groupement Tactique Dio (GTD).

En avril 1944, l'ensemble de la 2e DB fait route vers l'Angleterre, pour participer aux opérations sur le front occidental. Après une période d'entraînement au camp de Sledmere, dans la région de Hull, le 1/3 RAC débarque en Normandie, le 1er août 1944. Le baptême du feu a lieu le 8 août avec deux bombardements aériens, qui font plusieurs victimes au sein du Groupe. Celui-ci prend ensuite une part active à la libération d'Alençon, le 12 août. Le lendemain, la 3ème Batterie entre en tête à Carrouges et tire 259 coups. Le 1/3 RAC se distingue ensuite devant Argentan, détruisant de nombreux véhicules ennemis.

Le 24 août, le Groupe sert en appui du Groupement tactique Warabiot (GTV) et du GTD, tirant plusieurs milliers de coups, aux approches de Paris où il fait son entrée le lendemain. Le 26 août, les capitaines Demarle, Genet et Dubois, du 1/3 RAC, conduisent les détachements d'honneur du général de Gaulle à Notre-Dame.

Les 28 et 29 août, le Groupe combat au Bourget avant de quitter Paris, quelques jours plus tard, avec la 2ème DB en direction de l'Est. Commence alors la bataille de Lorraine, guerre de position qui se prolonge jusqu'à la libération de Baccarat, le 1er novembre 1944.

Ensuite, le 1/3 RAC appuie le GTD dans sa course vers Strasbourg où la 1ère Batterie entre avec l'élément de tête, le 23 novembre 1944, après avoir détruit un matériel important et fait de nombreux prisonniers. Le Groupe, dans un contexte climatique rigoureux, tient sa place dans la dure campagne d'Alsace, le long du Rhin, se signalant particulièrement à Erstein, Osthouse, Gerstheim et Obenheim. Au moment de la contre-offensive allemande menée par von Rundstedt dans les Ardennes, fin décembre, les artilleurs du Groupe appuient avec succès, le flanc sud des Américains avec l'ensemble de la Division du général Leclerc.

En janvier 1945, le Groupe rejoint l'Alsace et après la libération de Colmar, le 7 février, fait mouvement avec la 2e DB sur Châteauroux pour un repos bien mérité. Le 1/3 RAC part sur le front de l'Atlantique où devant Royan, du 15 au 18 avril 1945, il tire un nombre record d'obus.

Le 1/3 RAC franchit la frontière allemande le 28 avril 1945 et termine la guerre à Berchtesgaden, avant de cantonner près de Landsberg, près de Munich, à la suite de la capitulation allemande du 8 mai 1945.

Le 18 juin 1945, le 1/3 RAC participe au défilé de la Victoire à Paris, sur les Champs-Élysées.

Par décret du 7 août 1945, le 1er Groupe du 3ème Régiment d'artillerie coloniale se voit attribuer la Croix de la Libération.

Pour son action dans les rangs de la France Libre, le Drapeau du 3e RAC a vu s'ajouter aux huit noms de batailles qu'il portait déjà ceux de "Fezzan 1942" - "Sud-Tunisien 1943" - "Paris 1944" - "Strasbourg 1944". Il est titulaire de la Croix de guerre 39/45 avec deux citations à l'ordre de l'armée. Il a compté dans ses rangs cinq compagnons de la Libération.

Aujourd'hui, le 3e Régiment d'artillerie de marine (3ème RAMa), basé à Canjuers, près de Draguignan, est l'héritier des traditions du 1/3 RAC. Il a droit, à ce titre, au port de la fourragère aux couleurs de l'ordre de la Libération.


le 1er Groupe du 40ème Régiment d’artillerie Nord -Africains (1/40ème R.A.N.A.)


Régiment d'artillerie de la 2e brigade blindée, le 40e RA a été créé en 1894 à Saint-Mihiel. Dès 1914 il s'illustre lors de la bataille de la Marne, sur la Somme, en Champagne, à Verdun et sur l'Aisne. Il totalise 5 citations à l'ordre de l'armée et se voit attribuer la fourragère aux couleurs de la médaille militaire (jaune et vert).

À nouveau présent lors de la campagne de 1940, le 40e RA Nord-Africain combat dans les Flandres et doit cesser la lutte à Haubourdin où l'ennemi lui rend les honneurs de la guerre. En 1944, il participe à la libération de Paris et de Strasbourg.

le 11ème Groupe du 64ème Régiment d’artillerie de Division Blindée (11/64ème R.A.D.B.).

Peu de régiments d’artillerie peuvent se prévaloir d’une telle activité opérationnelle depuis la fin de la Première Guerre Mondiale et, sans nul doute, il est le seul de l’artillerie métropolitaine à pouvoir le faire, sans compter que celle-ci se poursuivra jusqu’à la fin de la Guerre d’Algérie en 1962.
Le Régiment, ses différents Groupes et ses Batteries, ont été décorés de la Croix de Guerre 1939-1945 avec 14 citations, de la Croix de Guerre des T.O.E. avec 6 citations, de la Croix de Guerre Belge avec 1 citation et de la Presidential Unit Citation (U.S.A.). Le Régiment a ainsi acquis le droit au port de la fourragère de la Croix de Guerre 1939-1945 et le Groupe de Marche en Indochine celui de la Croix de Guerre des T.O.E.
Aucun régiment d’artillerie, depuis les temps lointains de l’Ancien Régime et de l’Empire, n’a réussi à récolter, en si peu d’années, une pareille moisson de gloire, car la formation du 64 ne remonte qu’à 1924. Il a en effet été créé à partir des 4ème et 9ème Groupes d’Artillerie d’Afrique, en même temps que le 63, qu’il absorbera et reconstituera à plusieurs reprises. Il en ira à peu près de même avec le 69, si bien que peu d’artilleurs du Maroc n’ont, à un moment ou à un autre, porté l’écusson du 64.
Jusqu’en 1934, il prend part à toutes les opérations de pacification du Maroc : le Rif, la Tache de Taza, le Tadla, le Djebel Sagho, l’Anti-Atlas et le Draa.
64ème Régiment d’Artillerie d’Afrique depuis 1927, il est affecté, en 1939, à la 1ère division Marocaine, près de Thionville. Il participe à la bataille de la Dyle, à Gembloux et à Ernage, à celle du Nord dans la forêt de Mormal puis à celles de l’Escaut et de la Scarpe. C’est au cours de la Bataille de Gembloux que sera tué le Chef d’Escadron Clair, qui donnera son nom au Quartier de Meknès. Une partie du Régiment, repliée à Lille, s’y défendra avec l’énergie du désespoir, tandis qu’une autre réussira à embarquer à Dunkerque pour l’Angleterre.
Après l’armistice, le 64 est reconstitué au Maroc, avec du matériel camouflé, et s’attelle à la préparation de la revanche.
Dès le débarquement allié de novembre 1942, une partie du Régiment part en Tunisie avec la Division de Marche du Maroc. Début 1943, au Djebel Mansour, ayant reçu l’ordre de se sacrifier pour sauver l’Infanterie, les artilleurs du 64 tireront leurs derniers obus à quelques dizaines de mètres sur les chars ennemis avant de faire sauter leurs pièces. Reformés, ils participent encore à tous les combats jusqu’à la victoire finale au Djebel Zaghouan.
Devenu XI / 64ème R.A., il est affecté à la 2ème D.B. du Général Leclerc, avec laquelle il passe en Angleterre et débarque en France dans le Cotentin, début août 1944. Il participe à la Bataille de Normandie, à Alençon, dans la forêt d’Ecouves, à Argentan, avant la ruée sur Paris, où il entre le 25 août. Puis c’est Vittel, Nomexy, la percée des Vosges, la prise de Strasbourg, deux mois sur le Front de l’Atlantique, à Royan, avant de revenir passer le Rhin à Rastatt et le Danube à Villingen et d’atteindre Berchtesgaden, où un officier du Groupe entre le premier dans la maison d’Hitler et au ‘’Nid d’Aigle’’.

ORGANISATION DE L'ARTILLERIE DE LA 2ème DB:

Le groupe est l’unité d’emploi. Il comprend :
un état-major,
trois batteries de six canons automoteurs de 105,
une batterie de quatre canons de 57mm antichars,
une colonne de ravitaillement en half-tracks.
Chaque groupe travaille au profit d’un groupement de combat auprès desquels il met en place des équipes de liaison et d’observation. L’artillerie d’observation facilite le travail de ces derniers pendant les mouvements.
L’artillerie antiaérienne est constituée du 22ème Groupe Colonial de Force Terrestre Antiaérienne (F.T.A.). Elle est équipée de 16 canons de 40mm Bofors. En 1944 ces pièces sont transformés en canons automoteurs.
Le commandant de l’artillerie divisionnaire est le colonel Crépin.
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